SandrinePhotos - Esprit Nature
Marais de Brière, Saint André des Eaux, Loire-Atlantique (34)
Esprit poète - Page 3


Marais de Brière, Saint André des Eaux, Loire-Atlantique (34)
J'écris mais je ne sais pas pourquoi j'écris. Peut-être parce que l'on me l'a demandé ou bien parce que j'en avais envie. Je ne sais plus...

Quand j'ai commencé à écrire, premiers balbutiements, les mots s'alignaient sagement sur les pages de mon cahier. Ils s'entendaient à merveille. Tout d'abord timides, ils se cachaient derrière les virgules, s'accrochaient aux tirets, leurs grands yeux plein d'interrogations. Emu par tant d'innocence, je les pris sous mon aile et leur appris tout ce que je savais.

Ils prenaient peu à peu de l'assurance, allant, venant, sautillant gaiement d'une ligne à l'autre. Ils chantaient à mon oreille une douce mélodie que nous écrivions sur des portées aux lignes bleues. Ils étaient ma fierté, ma raison d'être. Les années passées avec eux me comblaient de bonheur.

Mais depuis quelques temps, chose étrange, le crayon glisse sur la feuille et griffonne des mots que je ne comprends plus. Je n'en suis plus maître. Cela va trop vite. Malgré tous mes efforts, ils ne m'écoutent plus. Ils m'ont littéralement mis entre parenthèses.

Je ne sais pourquoi une telle rébellion. Plus question de phrases élégantes et bien tournées, elles sont toutes alambiquées, désormais. Impossible de trouver mes mots et de les ordonner. Ils se heurtent, ne se supportent plus. La tension monte, je ne les contiens plus...

Le temps a passé. J'ai pourtant tout essayé. Balayer d'un trait ce brouillard insensé, reprendre le contrôle de mes idées. Mais rien n'y a fait. J'ai refermé mon cahier. Et c'est résigné que j'attends le point final comme ultime délivrance.
Sandrine Berthault - 14 décembre 2021
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Etangs de Camporells, Font-Romeu, Pyrénées orientales, Névés au sommet des montagnes (15)
Quel demain ?

Notre terre est en feu, 
Sa colère est si vive,
Trop de cendres sous nos pas

Prends-moi la main,
Je vais te montrer où mes pensées s'égarent
Loin du tumulte de ce monde


Les glaces fondent, 
Emportant avec elles l'ours blanc
Et la cime des montagnes

Prends-moi la main,
Partons ensemble explorer la nature
Verdoyante et sauvage


Certains ont tout, d'autres n'ont rien
Que le cœur sur la main
Mais qui donc se plaint ?

Prends-moi la main,
Je vais te montrer une terre riche et généreuse
Qui regorge de vie


Demain est à toi, ne le gâche pas
Ouvre les yeux et tu verras
Demain est à toi, ne l'abandonne pas
Il a trop besoin de toi !

Sandrine Berthault, le 15/01/2022
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Vieux chêne, Arbre du Refuge LPO de La Planchette, Queaux 86 (6)

Passe la vie, passe le temps

J'ai mis mes mains dans la terre

Et j'ai semé aux quatre vents

Les fruits d'une douce chimère

 

Loin des profonds tourments

Qui ruinent notre univers

J'ai construit humblement

Un monde imaginaire

 

Une bulle, pour toi, mon enfant

Sans souffrance, ni colère

Dans mes bras blotti tendrement

Tout l'amour d'une mère

 

Sous mes yeux tu es devenu grand

Sage, courageux et fier

Tu n'as plus besoin de moi, à présent

Ultime arrêt, dernière passagère

 

Dans ton cœur, mon enfant

Quand mon corps sera poussière

Brillera le souvenir brûlant

De mon souffle éphémère

 

Sandrine Berthault, le 30/01/2022
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Balade au bord de l`Atlantique, Ponton et plage de La Tranche-sur-Mer 85, Au fil de l`eau, SandrinePhotos (11)
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir s’y mirer

Naufragé éperdu noyant son désespoir
Sur le bord de tes lèvres, je me suis échoué 
 
Tes cheveux, toile d'or illuminant le soir
Eclairent mon chemin d'une lueur poudrée

Ton doux parfum m'enivre et me redonne espoir
Qu'un jour tes bras m'enlacent, pour ne plus me quitter
(D'après un poème d'Aragon - 03/03/2022)
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Graines de salsifis sauvages, Salsifis des prés, Tragopogon pratensis, Bouresse 86

Petite graine
Toi si petite, graine légère, envolée, tombée au creux de la terre, tu puises ta force dans ses profondeurs.

L'eau de la source te fait germer et dresser la tête vers le ciel.

La chaleur et les rayons du soleil te font grandir, encore et encore.

La pluie roule sur tes feuilles aux reflets scintillants, déesse et sa parure de diamants.

À la belle saison, ta corolle s'entrouvre et déploie un à un ses pétales éclatants. Ton doux parfum et ton nectar sucré attirent les plus curieux et les plus gourmands. Qui peut résister à tes charmes, maintenant ?

Tu connaîtras le vent, la tempête, un soleil cuisant, des nuits glacées, mais rien ne t'arrêtera de pousser.

Tu es née pour être belle et ta beauté te fait reine, la nature t'entourant de toutes ses attentions.

Et puis un jour, une petite main passera par là et te cueillera délicatement pour t'offrir avec amour à la plus belle des mamans.

Sandrine Berthault, le 24 mars 2022 


  • Michel C dit :
    16/1/2022

    Bonjour Sandrine, ...... Vous avez raison,il faut apprendre à nos jeunes ( parfois aux plus anciens ) à écouter cette Nature qui crie au secours.
    Victor Hugo écrivait : " C'est une triste chose de songer que la Nature parle et que le genre humain ne l'écoute pas" ... Le malaise ne date pas d'aujourd'hui .....