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Bouresse et son Histoire
        
Boeritia, 901
Sylva sanctae Mariae quae vulgo dicitur Boerecia, 904
Villa Boericia, 936
Bubalitia, 1016
Bubalicia, 1085
Boerethia, 1147
Boeresse, 1236
Le nom de Bouresse, dont le radical est bos, boeuf, trouve son étymologie dans le substantif féminin de la toponymie gauloise et gallo-romaine, boverece, signifiant bouverie, lieu de rassemblement d'animaux de l'espèce bovine, parc à boeufs. (Sources : Antoine Thomas, Nouveaux essais de philologie française, 1904, p.88 et Mémoires de l'académie des sciences, lettres et arts d'Arras)
 L'histoire de Bouresse commence il y a bien longtemps et restera gravée dans ses pierres à tout jamais...
L`église de Bouresse vue du Chemin du Petit Bois
Par delà les Jardins
L'église de Bouresse, vue du Chemin du Petit Bois
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    Au plus loin que j'ai pu remonter dans mes recherches, il existait à l'époque gallo-romaine, (les Romains s'installent en Gaule en 52 av. JC ), un camp militaire pouvant contenir une armée de 2000 hommes, situé sur un plateau légèrement incliné d'est en ouest à environ 2 kilomètres du bourg de Bouresse, au lieu dit de la Font de la Fuite appelé aujourd'hui Font de la Feue. Formé d'un carré irrégulier allant de 60 à 100 mètres de côté, il était entouré d'un fossé large de 8 mètres et la terre rejetée à l'intérieur du camp lui servait de rempart. 
             Située sur la voie romaine d'Augustoritum, qui passait par Poitiers et allait vers le sud  en direction de Limoges, la Motte-Bouresse était un centre d'exploitation ferrière très actif. La présence d'un important tumulus, formé d'une terre noire, de charbon et de scories de fer (résidus de forge que l'on retrouve un peu partout à Bouresse) dans le parc de M. Des Vaux, atteste l'existence d'anciennes forges à bras à cet endroit. Il est possible, d'ailleurs, que ce tumulus recouvre des sépultures gallo-romaines...(Sources : Mémoires et Procès verbaux volume 28 et Epoque antédiluvienne et celtique du Poitou)
Puits gallo-romain margelle trouvé sous la Grand`Rue de Bouresse en Nov 2004
Un puits gallo-romain a été découvert au beau milieu de la Grand'Rue en novembre 2004, lors de travaux de voirie. Sa margelle, constituée de deux grandes pierres d'environ 15 cm d'épaisseur, mesure 55 cm de côté. Il a malheureusement fallu le recouvrir de bitume. Ce puits atteste également d'un peuplement très ancien de la région. Etant donné le nombre de puits qu'il peut y avoir dans le village, on peut affirmer que cette source était très importante. (Merci à Arlette M. pour les photographies)
Puits gallo-romain trouvé au centre de la Grand`Rue à Bouresse, lors de travaux de voirie en septembre 2004
Puits gallo-romain trouvé au centre de la Grand`Rue à Bouresse, lors de travaux de voirie en septembre 2004
  Découverte d'un puits gallo-romain au beau milieu de la Grand'Rue
Datant de cette même époque, il existe également tout un réseau de souterrains-refuges fort vastes, communiquant les uns aux autres mais malheureusement condamnés par mesure de sécurité, aujourd'hui. Ces souterrains apportent la preuve que cette zone était alors fortement peuplée et que les habitants cherchaient un moyen d'échapper au danger d'un envahissement de leur territoire.
Légende du Bois de la Font de la Feue Bouresse Poitou-Charentes
Légende du Bois de la Font de la Feue, une Fontaine à l'étrange Histoire
Il y a bien longtemps de cela, le village fut détruit par les barbares et on décida de le reconstruire sur une vaste colline qui dominait le pays...
La construction commença, mais malgré tous les efforts des habitants, un étrange phénomène se produisait sans cesse : le travail de la journée s'effondrait dans la nuit...
Légende du Bois de la Font de la Feue Bouresse Poitou-Charentes
 L'endroit était maudit, la nouvelle église ne serait jamais construite en ces lieux, ni rien d'autre d'ailleurs. Il fallait reconstruire l'ancienne église, le Seigneur les avait punis de l'avoir abandonnée.
La reconstruction à peine terminée, une source abondante jaillit de la colline et les habitants y virent un signe de la toute-puissance divine : Dieu ne voulait pas que ce lieu soit prospère, seuls les ronces et les ajoncs y avaient leur place.
Ne vous aventurez jamais à boire de son eau fraîche, nombreux en sont morts...
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Bouresse (Boeritia) était déjà, d'après un acte de 901, une église de Notre-Dame, appartenant à l'abbaye de Nouaillé et de la viguerie de Civaux. Elle était entourée d'une grande forêt, très voisine de celle du Fay, et qui se confondait probablement avec elle. 
(Source : Histoire générale, civile, religieuse et littéraire du Poitou-Chanoine Aubert 1885)
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C'est en 904, sous Ebles IIComte de Poitou, que l'abbaye de Nouaillé se voit restituer la forêt de Bouresse que s'était injustement attribuée le Vicomte de Limoges Audebert alors qu'elle appartenait déjà à l'abbaye depuis au moins deux ou trois cents ans. Les moines de l'abbaye y fondent un prieuré au XIème siècle et le défendent vigoureusement face à la convoitise des seigneurs alentours et cela, jusqu'à la Révolution...(Source : Tables des Manuscrits de Don Fonteneau)
Bois de Bel Air Bouresse Poitou-Charentes
Au Xème siècle, Bouresse n'est qu'une forêt inexploitée et dépeuplée, une terre de jachères et de brandes. Mais grâce aux mesures prises par les moines pour encourager la colonisation et la culture des terres, la seigneurie de Bouresse commence à prospérer. L'abbaye profite également de grandes donations : les seigneurs font ainsi preuve de dévotion mais comptent également sur le rachat de leur salut en échange de quelques terres données à l'église.
petite fenêtre rue du Bureau-Bouresse Poitou-Charentes
Dès 936, l'abbaye y fonde un prieuré bénedictin chargé de représenter l'abbé de Nouaillé, l'abbé Constantin, et nomme des officiers seigneuriaux pour veiller sur ses intérêts.  Mais elle a encore bien du mal à s'imposer face au puissant châtelain de Lussac qui a autorité publique dans toute la région. En effet, même si l'abbé jouit à Bouresse de certains pouvoirs banaux tels que le four, le banvin et les droits du moulin, le châtellain, lui, exerce la justice sur toute la région et s'empare des biens des personnes jugées coupables de torts envers lui ou ses disciples. Il établit un certain nombre de droits lucratifs comme la corvée du château, la corvée des récoltes, le devoir d'expédition (obligation de prendre les armes et de combattre au service du châtelain) ainsi que divers prélèvements payés en nature (lin, foin, paille, vin, bestiaux...) ou le droit exclusif de chasser dans toutes les forêts. 
Blason du prieuré de Bouresse, Blazon of Bouresse priory, medieval times , Poitou-Charentes France
Il a existé un blason du Prieuré de Bouresse portant la description héraldique suivante : "D'or à deux bandes d'azur accompagnées de trois roses de même mises en barre". Dans l'héraldique, les roses sont épanouies et dotées de cinq pétales entre lesquels paraissent cinq petites pointes. Voici comment il a pu être restitué par une infographiste de talent, Apolline Combrisson-Graphic Designer.
 L'original se trouve dans
 l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier -1696 
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Au début du XIIème siècle, la seigneurie de Bouresse est découpée en un nombre important de petits fiefs. Les seigneurs exploitent les terres à leur profit tout en continuant de payer à l'abbé de Nouaillé des droits relativement élevés mais encore bien faibles comparés à leurs propres revenus. Cependant, l'abbaye n'a pas dit son dernier mot et finit par obtenir gain de cause auprès du châtelain de Lussac, Guillaume Chenin, dans un procès conduit par l'évêque de Poitiers en 1157, supprimant ainsi tous les droits du châtelain sur les terres des Boutelières. Engelelme de Mortemar, seigneur de Morthemer, avait également dû renoncer à plusieurs droits qu'il exigeait injustement sur les hommes de l'abbaye de Nouaillé dans les terres seigneuriales de Bouresse. 
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Le 17 février 1277, Isembert Feuille, abbé du Dorat, écrit son testament. Bouresse figure dans ses nombreuses possessions et se voit léguer une somme de 50 sous pour organiser et acheter de quoi célébrer l'anniversaire de l'abbé.
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Ancienne échoppe médiévale
Un des derniers vestiges du passé, au carrefour de la Rue de Guerting et de la Grand'Rue.
Cet îlot est voué à la destruction afin d'agrandir le carrefour, mais la présence de ces encadrements cintrés très anciens et surtout classés ne simplifie pas le projet déposé auprès de la Drac Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes. (01/02/2016)

 
 



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