SandrinePhotos - Esprit Nature
Gros plan sur la statue de la Vierge église notre dame de Bouresse (8)
Bouresse, de la Révolution au début du XXIème siècle

Bouresse dans la Grande Guerre
Alors que la guerre fait rage sur le front et que les hommes les plus vaillants de la commune sont partis se battre, la population se mobilise...
"Le maire de Bouresse est heureux de constater une fois de plus qu'on ne fait jamais appel en vain aux sentiments généreux et patriotiques des habitants.
Les souscriptions qu'il a eu l'honneur de leur présenter ont été comprises et largement couvertes :
1 - Pour nos blessés
La souscription organisée dans la commune en faveur des blessés militaires par Mlles Seigneurin et Beaudout institutrices publiques et Mlle Hubert, sous le patronage du Conseil municipal, a obtenu un succès complet.
Une somme de 831 fr.40 a été recueillie en quelques jours.
Sur cette somme ont été prélevés 22 fr. pour transport de plusieurs caisses de linge et achat d'enveloppes d'oreillers de mandées par la sous-préfecture de Montmorillon. 21 oreillers ont été envoyés dont 3 gracieusement offerts par Mme Bienvenu Louis. [...]
Dès le début de la guerre, les institutrices publiques et Mme Beaudout ont recueilli une grande quantité de linge offert par des personnes généreuses de notre commune. Ces dames ont pu expédier à destination des hôpitaux militaires de la région plusieurs caisses contenant : 16 draps ; 50 chemises ; 45 pointes ; 6 écharpes ; 4 paquets de compresses ; 300 bandes en rouleaux.
[...] 
Ce linge a été préparé avec le concours dévoué de Mmes Cazeau, Faugeroux, Doussé, Jarassié, Gourdonneau, Tillet, Lancereau, Patrier, Vergnaud, Simonet Marie, Marboeuf, Joyeux, Richard, Pautrot, Bouchet et des petites filles de l'école laïque.

À toutes ces ouvrières bénévoles et désintéressées, au nom de nos blessés, nous disons : Merci ! 
2 - Pour nos soldats du front 
Pour le "Noël des soldats" une collecte a été faite dans nos écoles publiques. Cette collecte a produit 18 francs à l'école des garçons et 12 francs à l'école des filles. 
[...]
3 - Pour les populations envahies et les réfugiés belges (souscription en nature).
Une souscription en nature au profit des départements envahis et des réfugiés belges a été faite. En trois jour, le garde-champêtre a recueilli à la mairie :
Pommes de terre, 10.618 kilog. ; haricots, 80 kilog. ; carottes, oignons, choux, etc, 150 kilog.
Ces denrées ont été adressées à Monsieur le Préfet du Pas-de-Calais, en gare de Saint-Pol.
Pour tous ces dons si généreusement offerts, le maire de Bouresse adresse ses plus sincères remerciements à tous les souscripteurs qui ont donné, en cette circonstance un bel exemple de fraternité et de solidarité.
Le Maire, Pacaud." (La Semaine du 7 mars 1915)
 
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Mots du Maire de Bouresse Dons de la population pour les soldats et orphelins de guerre 1915
(La Semaine du 6 juin 1915)

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La générosité de la population est régulièrement mise à contribution. Des insignes ou emblèmes sont vendues aux profits des orphelins de la guerre lors de la "Journée des Orphelins".

 Vente des emblèmes juillet 1915 Grande Guerre - Bouresse commune du Poitou - La Semain, presse régionale (2)
 (La Semaine du 18 juillet 1915)
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La recette de l'année 1916 s'élève à 32 fr.65

(La Semaine du 24 décembre 1916)
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Dès le début de la Seconde Guerre Mondiale, en septembre 1939, Bouresse héberge les habitants du village de Guerting (environ 370 personnes), évacués en toute hâte de Moselle. La Vienne accueillera plus de 54 000 réfugiés originaires de ce département. Ils furent presque tous logés dans le bourg et chaque famille se devait de leur consacrer une place dans leur foyer. Ce n'était pas toujours facile et certains furent logés dans des conditions plutôt précaires. Le prêtre de Guerting, M. Joseph Muller, fut logé au presbytère avec sa famille et assura le service religieux et le catéchisme à la place de l'abbé Faroux, mobilisé à Poitiers pour la défense passive. Une école fut ouverte pour les garçons lorrains chez le Marquis de Campagne et pour les filles, chez les Demoiselles de l'école libre. Le village de guerting avait été partagé en deux groupes : un premier groupe fut envoyé vers les mines du Pas-de-Calais, un second groupe à Bouresse. Au cours de l'année 1940, environ 70 réfugiés repartirent pour les mines du nord de la France. Quand il leur fut possible de retourner en Moselle, 30 choisirent de rester vivre à Bouresse, 270 repartirent dans leur région. Bouresse et Guerting sont restées très liées et se revoient régulièrement. 
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À partir du mois de juillet 1940, Le journal La Semaine, hebdomadaire agricole du Poitou, publie la liste des prisonniers établie par le Centre National d'Information sur les prisonniers de guerre d'après les renseignements fournis par l'armée allemande. Voici la liste des prisonniers natifs de la commune publiée dans le journal du 22 décembre 1940 : 
Liste des prisonniers de guerre de Bouresse - Centre National d`information sur les prisonniers de guerre, 22 décembre 1940 - La Semaine AD86 p.81
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La Resistance s'organise dans le sud de la Vienne, favorisée par de nombreuses zones forestières dans lesquelles il est facile de se cacher. 246 résistants dirigés par un chef de gendarmerie d'Usson-du-Poitou créent le maquis dit de "La Tour d'Auvergne" et réalisent plus de 380 camouflages sur les communes de Queaux, Bouresse, Usson-du-Poitou, Joussé et Saint-Secondin.
En mai 1943, la famille Delage de Villemblée cache un jeune juif, Jacques Vogel-Mathias, et lui aménage une chambre qu'il partage avec Jean, le fils de la famille. Pendant quinze mois, cette famille providentielle l'élève comme son propre fils. Il participe aux travaux de la ferme sans jamais être inquiété par les gendarmes, qui préférent ne rien savoir. En juin 1944, Jacques rejoint la Résistance de Lussac et entre dans le maquis Mazier jusqu'à la Libération. Il leur sera toujours reconnaissant pour tout ce qu'ils ont fait pour lui. 

En janvier 1944, le Capitaine Cusson et l'adjudant-chef de réserve Pierre Glévarec créent le maquis "Le Chouan" qui mena des opérations dans la forêt de Lussac, à Pindray, Sillars, Lhommaizé, Bouresse, Chauvigny et Bonnes.
Le 8 mai 1945, tous ces héros anonymes ayant risqué leur vie pour sauver celle des autres peuvent enfin fêter la Libération et le retour à la paix.
Fontaine du lavoir de Bouresse Poitou-Charentes datée de 1945
Gargouille de la Fontaine du Lavoir de Bouresse - 1945
Rue du Lavoir
Statue du Sacré-Coeur, Route de Persac, Rue de la Résistance, Route de Lussac-Les-Châteaux, Yvon Bouchet, sculpteur Chauvigny, 1997, Bouresse, Poitou-Charentes (6)      
Statue du Sacré-Coeur  
Située au carrefour des routes de Lussac-les-Châteaux et de Persac, la première statue du Sacré-Coeur a été érigée le 15 septembre 1946, par l'initiative des paroissiens, pour remercier le Seigneur de les avoir épargnés des horreurs de la guerre. Une grande journée de festivités religieuses fut organisée pour l'occasion avec une  Messe des Paysans, célébrée par l'abbé Faroux, un Magnificat chanté à l'église, une procession en musique et une bénédiction par le Doyen de Lussac en personne. Cette statue, abimée par les intempéries, fut remplacée provisoirement par une statue polychrome. Puis on décida, en 1997, de faire tailler une statue dans la pierre de Lavoux, pierre très résistante aux changements climatiques.  M. Yvon Bouchet, sculpteur à Chauvigny, fut chargé de la réaliser. Espérons que ses grands bras protecteurs continuent longtemps de veiller sur la commune ! 
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 Au mois d'avril 1975, de gros travaux sont réalisés dans le choeur de l'église par l'entreprise de maçonnerie de M. Leguern des Âges de Bouresse. Des paroissiens volontaires se sont chargés de décrépir les murs et ont découvert plusieurs niches qui avaient été murées auparavant. Les maçons ont refait les joints des pierres apparentes pour garder le style ancien de l'église.
Eglise romane de Bouresse - Autel en pierre sculptée et tabernacle doré - Poitou-Charentes - Vienne
L'autel de pierre sculptée qui était au fond du choeur a été avancé et mis à la place de l'autel provisoire en bois sur lequel le prêtre célébrait la messe depuis 8 à 10 ans. Le prêtre pouvait ainsi célébrer la messe face aux fidèles sur un bel autel en pierre. Le changement de place, qui fut très délicat, fut réalisé par M. Leguern et ses ouvriers.
Le tabernacle, placé auparavant sur l'autel, n'a pas été utilisé. On s'est seulement servi de la porte dorée pour le nouveau tabernacle fixé dans le mur au fond du choeur.
Il a été installé pour la fête de Noël par M. Charpentier, menuisier de Bouresse.

 
 



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